Depuis le 1er janvier 2022, la « Réglementation environnementale 2020 » s’applique sur la construction de logements neufs qu’ils soient individuels ou collectifs. Cette norme vise à enclencher la transition écologique sur le secteur du bâtiment neuf, deuxième secteur d’émission de gaz à effets de serre (2019), pour répondre aux ambitions de la loi « énergie climat ». L’étape de construction d’une maison ou d’un immeuble neuf est responsable de 60 à 90% de son impact carbone total. C’est pourquoi il est important de concentrer ses efforts lors de la conception de la bâtisse en utilisant des techniques d’écoconstruction pour le confort et l’avenir de tous.

1) Construire des bâtiments neufs moins énergivores.

Les matériaux biosourcés permettent de faire des économies d’énergie tout au long de leur cycle de vie par leur empreinte carbone réduite et leurs qualités intrinsèques.

Etape 1 : Extraction & transformation des ressources :

L’extraction et la transformation des matériaux écologiques (bois, chanvre, coton, lin, liège, paille etc…) nécessitent moins de ressources carbonées que celles des matériaux de construction conventionnels (ciment, béton, acier)qui consommentdavantage de combustiblesriches en carbone. Voici quelques chiffres :

- Laproduction mondiale de ciment est responsable de 5 à 6% de la totalité des gaz à effet de serre qui sont émis sur la planète.

- La moitié des émissions de CO2 produitespar le secteur du bâtiment est issue de l’énergie consommée lors de la fabrication de ces matériaux.

De plus, les matériaux de construction d’origine végétale sont disponibles localement (circuit court) ce qui limite l’empreinte carbone liée au transport. Ils sont principalement dérivés de co-produits de l’agriculture, qui sont présent en très grande quantité et facilement valorisables dans le cadre de la construction. Par exemple, seulement 10% de la paille de blé produite en France chaque année permettrait d’isoler l’ensemble des bâtiments neufs construits en un an sur le territoire Français.

Etape 2 : Construction, utilisation & entretien :

Les qualités intrinsèques des matériaux biosourcés leurs confèrent d’excellentes propriétés d’isolation thermique pour un habitat plus confortable (résistant aux variations de chaleur).

En effet, ces matériaux de construction sont reconnus pour leurs qualités de transfert hygrothermique qui leur permet de gérer les flux d’humidité entre l’air intérieur et extérieur. Ce phénomène entraine une réduction des risques de formations d’humidité pour un environnement habitable plus sain (meilleure qualité d’air).

Par ailleurs, les matières premières d’origine végétale sont dotées d’une porosité ouverte, c’est-à-dire qu’elles emprisonnent l’air. Or, l’air encapsulé et maîtrisé est le meilleur isolant possible.

Un logement éco-construit avec une isolation naturelle permettra de faire d’importantes économies d’énergies.

Etape 3 : Démolition & fin de vie:

Les matériaux naturels sont issus de matières premières renouvelables et représentent une solution pérenne et durable pour lutter contre la menace d’épuisement des ressources minérales et fossiles, tels que les granulats ou le sable, tout en s’inscrivant dans une logique d’économie circulaire.

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » Antoine Lavoisier

Le cycle de vie des matériaux biosourcés : un stockage du C02 pendant plusieurs décennies.

Source : https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/

Leurs capacités de stockage du CO2 (en moyenne une tonne de CO2 par tonne de biomasse) grâce au phénomène de photosynthèse permettent, de surcroit, de limiter leur empreinte carbone.

2) Les matériaux naturels & le confort d’été.

Aujourd’hui, le réchauffement climatique augmente la fréquence des épisodes caniculaires. Avoir un logement capable de résister aux fortes températures devient un critère essentiel pour le secteur de la construction neuve.

Les matériaux biosourcés (ouate de cellulose, panneaux de fibre de bois, laine de chanvre) offrent des bénéfices techniques et environnementaux afin de se prémunir efficacement des vagues de chaleur.

Ils doivent leur efficacité à leurcomposition (matériaux lourds et dense) qui leurs confèrent des qualités de déphasage (capacité des matériaux isolant à emmagasiner et restituer les variations de chaleur lentement) et d’isolation thermique.

Un déphasage idéal pour garder une maison fraîche l’étéest d’environ 10 heures. Seuil atteint par les matériaux biosourcés qui sont deux fois plus performants que les matériaux d’origine minérale (tableau ci-dessous).

Tableau de comparaison des performances de déphasages en fonction des isolants

Origine

ISOLANTS

EPAISSEURS (mm)

DEPHASAGE (heures)

Végétale

Ouate de cellulose en vrac

300

10.7

Panneaux de fibre de bois

300

18.5

Fibre de bois en vrac

280

9.3

Panneau de ouate de cellulose

280

7.7

Minérale

Laine de verre en vrac

322

3.6

Laine de verre en rouleau

300

4.2

Laine de roche vrac

315

5.8

Polystyrène expansé

240

5.1

Source : U-paroi.net, CAUE et Point Info Energie, d’après ECIMA

Afin de répondre à cet objectif, la RE2020 a déterminé un seuil maximal de 13250 DH (degré.heure) équivalent à une période de 25 jours pendant laquelle la température du logement ne doit pas dépasser 30° en journée et 28° la nuit.

Enfin, la règlementation environnementale encourage le développement de solutions de climatisation passive (orientation du batiment, installation de brasseur d’air, puits climatiques, protection naturelle contre le soleil etc). Par exemple, privilégier l’isolation de la toiture en façade sud.

Conclusion : les bâtiments de demain

Actuellement, la construction de maisons à ossature bois représentent seulement 10% du marché de la maison individuelle neuve en France et un chiffre encore plus faible pour les logements collectifs.

L’ambition d’ici 2030 serait une utilisation courante de matériaux biosourcés en gros œuvre et systématique en second œuvre.